Notre pratique de conseil conjugal et familial exige formation et supervision régulières, mais bien plus qu’une obligation liée à notre titre, la supervision occupe une place centrale dans notre pratique. Elle constitue un espace essentiel de mise en sens de notre accompagnement.
A l’AFCCC 49 la supervision se déroule en séances collectives, orchestrée par un superviseur de courant psychodynamique. Lors de ces séances bimestrielles, une ou plusieurs situations cliniques sont partagées, situations qui nous ont interpellées, questionnées, déstabilisées ou mises en difficulté. A l’image de nos accompagnements, ce partage ne vise pas à « trouver une solution », mais à ouvrir un travail de pensée autour de ce qui se joue dans la relation entre les consultants présents ou pas, entre les consultants et la CCF … ce qui se répète, ce qui résiste, ce qui échappe à une compréhension immédiate.
En offrant un cadre contenant, cet espace où l’on peut suspendre l’urgence d’agir pour prendre le temps d’élaborer, nous invite à interroger notre subjectivité, à repérer les mouvements transférentiels et contre-transférentiels, à identifier les résonances personnelles suscitées par les situations rencontrées. Ceci permet de soutenir notre pensée et formuler des hypothèses nouvelles, de déplacer notre regard, et in fine écouter autrement.
Cet espace « hors temps », pourrait ainsi être envisagée comme une aire transitionnelle, au sein de laquelle les processus de représentation et de symbolisation se remettent en mouvement, ouvrant la porte à la créativité, si chère à notre pratique.
Cathy SAULNIER et Annik COURTEILLE BARRAU, conseillères conjugales et familiales de l’AFCCC 49.